Déjà presque 3 mois que je n’ai rien posté… Le syndrome de la page blanche me guette et pourtant j’en ai des choses à raconter. Il y a un peu plus de 13 mois, je rentrais en France dans la plus grosse joie. Mais que s’est-il passé pendant tout ce temps ? J’avais déjà fait part de mon ressenti un mois après le retour, mais aujourd’hui, je pense avoir le recul nécessaire pour pouvoir parler de manière sincère de comment j’ai vécu le retour.

Comme je l’avais précédemment dit, le retour, je l’ai choisi. J’étais très heureuse de rentrer et de retrouver mon entourage. Ce fût quelques semaines de joie, mais la joie fût de courte durée. J’ai lu quelque part qu’il faut autant de temps qu’on est parti pour se réadapter au retour. Sceptique dans un premier temps, mais il s’est révélé être vrai. J’ai mis 9 mois pour me remettre de tout ça. 9 mois pendant lesquels il m’était impossible de mettre des mots ce que je ressentais, c’est le grand flou absolu.

J’étais déboussolée de revenir à la « civilisation », étouffée avec les contraintes de la société, le pessimisme ambiant que je tentais de fuir comme la peste… J’ai été heurtée par la perception du handicap ici. Je me sentais perpétuellement agressée par le monde environnant. J’étais fâchée avec le téléphone au point de me dire que je n’aurais pas du en racheter un. Les réseaux sociaux, n’en parlons même pas. Je n’avais qu’une envie : être tranquille et retrouver la « liberté ».

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J’ai passé je ne sais combien de nuits à surfer de blogs en blogs de voyages, sites, à checker les billets d’avions juste « au cas où », juste comme ça en fait. Histoire de me replonger dans l’ambiance.

En retrouvant mon chez-moi, j’ai ressenti un sentiment de gêne. Le confort peut-être ? Non, retrouver son lit douillet, ça fait super plaisir. Mais retrouver des objets aussi futiles qu’inutiles après 9 mois à trimballer son sac à dos en se contentant que du minimum, ça m’a fait quelque chose. J’étais bien avec le confort minimum et mon budget hebdomadaire limité. J’ai appris à me détacher des choses matérielles.

Je me sentais agressée par toutes les questions « Alors le retour ? Pas trop dur ? », « C’était bien? » tout simplement parce que je ne voulais pas du tout en parler. Pendant plusieurs mois, j’ai été sous le choc de mon agression au Sri Lanka, et le moindre mot pour évoquer mon voyage me faisait basculer, j’y repensais directement (alors qu’il n’y avait pas que ça, j’ai vécu et vu plein de belles choses). J’ai donc préféré me taire. Mais le silence n’est pas forcément la bonne solution…

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Mais revenir, c’était aussi me sentir seule, étrangère parmi tout ce monde, mon entourage, les amis. Pendant tout ce temps, chacun à continué à faire sa vie, et moi la mienne de mon côté. Je ne trouvais pas ma place, Il y a des choses dont j’aimerais partager, parler de mon ressenti, mais en parler à l’entourage me semblait pas approprié. On n’a pas forcément le même vécu, la même vision des choses, on ne va pas sûrement être compris, certains en ont rien foutre mais c’est comme ça. La vie a fait que nous prenons d’autres chemins. Mais parmi l’entourage, il y a tout de même des personnes dont les liens n’ont pas changés et certains se sont même renforcés et qui m’ont acceptée. Je les remercie d’être toujours là à mes côtés. Et pour rien au monde je ne changerais ça.
Revenir, c’est avoir moult souvenirs dans mon esprit et qui aident à avancer dans la vie qui me paraissait un peu monotone ici avant de reprendre le voile ! Certains nostalgiques, d’autres non, mais figurez-vous que tout ça me paraît si loin tout simplement parce que la vie suit son cours. Si une nouvelle occasion se présente, je le ferais sans hésiter.
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Revenir, c’est aussi avoir grandi et savoir ce que l’ont veut et veut pas dans la vie. Voir les choses sous un autre angle, les prendre avec philosophie. Avant de partir, j’avais en tête de changer de vie mais je comptais sur mon année sabbatique pour confirmer mes envies. J’ai entre temps quitté mon poste de graphiste et j’ai désormais un nouvel objectif qui me tiens à coeur, et ce depuis des années : être prof de langue des signes.
Et vous, comment avez-vous vécu votre retour ?


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Commentaires

  1. Salut,
    Encore une fois, je te lis et je comprends/ ressens/ partage ce tu décris… Même si mon voyage a été plus court et de toute façon forcément différent, j'ai l'impression qu'il m'a apporté des choses assez similaires, que le retour a aussi été bizarre mais qu'il permet de voir la vie autrement et de prendre des décisions importantes. C'est quand même marrant qu'on en arrive à des projets professionnels assez liés 😉 Bonne continuation dans ce nouveau projet, alors ! Et j'espère que nos chemins se recroiseront bientôt (mon p'tit doigt me dit qu'il y a de fortes chances) 😉

    Célia

  2. Héhéhé moi je crois savoir de quelle partie de texte je fais partie…. Tu as fait preuve de beaucoup de courage, de persévérance face à des situations complètement absurdes au niveau de la tolérance du handicap (et autres)…. Pour ça je te dis bravo ! Et tu vois la vie te récompense un peu en te faisant changer de voie… de nouvelles aventures à découvrir donc 🙂 Je te souhaite donc moult épanouissement, du bonheur, et on continue à se poiler devant nos videos pourraves 😀 gros bisouuux copine ! (et très bel article )

  3. Hey my gurl!
    Une fois de plus, merci pour ces magnifiques photos et cet article tout en finesse. On en reparlera de de visu.
    I am so proud of you.
    Eh oui, la vie continue, et il ne faut pas se décourager ou se laisser abattre. Don't give up the fight nor your dreams.
    A très bientôt XXX

  4. Je dirais juste: je te comprends pour vivre un peu les mêmes choses (chacun est différent).
    Ce qui m'a le plus marqué, c'est effectivement ce pessimisme et morosité ambiante même si je le savais. Aussi j'avais oublié qu'une vie pouvait être sédentaire et que "je voyage" pouvait choquer des gens. Bref, tout un ensemble de trucs qu'il a fallu réapprendre et accepter.
    Pour mieux repartir un jour ?

  5. @Célia : Hey Célia ! Contente de te lire ! Comme quoi, la durée du voyage importe peu contrairement au vécu qui est y est pour beaucoup. Bonne continuation à toi aussi, et je croise les doigts pour ton projet ! Je suis presque sûre qu'on se croisera de nouveau 😉 Bises

    @Leax : Merci d'être passée copine ! Merci pour tes mots qui me vont droit au coeur. Si je ne devais retenir qu'une chose du CFA, c'est bien le fou rire qu'on a eu, un moment culte ahahah ! Plein de belles choses à toi aussi pour ta nouvelle vie lyonnaise. Bises !

    @Miss P : Hey Miss P ! Merci pour tes doux mots, merci pour tout tout simplement 🙂 On ne lâche rien ! A très vite ! xx

    @Emmanuel : Très souvent le voyage peut être assimilé à la fuite mais ce n'est pas toujours le cas. Je suis d'accord avec toi sur le fait qu'il faut réapprendre et accepter. Faire le deuil de cette vie "nomade" n'est pas aisée en fait. Les expériences vécues sont un bagage en plus, et nous servirons pour les prochains voyages, surement sous un objectif nouveau.

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