Il y a quelques années, je ne jurais que par le soleil et les plages. Je crois que c’était une habitude que j’avais gardé de mon enfance et adolescence lorsque j’allais passer l’été aux Antilles : cocotiers, sable blanc, mer transparente et chaude ont laissé d’innombrables doux souvenirs.

Puis il a fallu qu’un voyage en Australie et Nouvelle-Zélande change la donne. Pour la première fois, j’ai pris du plaisir à faire des petites randonnées, voir des paysages différents de ce que j’avais l’habitude de voir. Un réel plaisir et surtout une connexion naissante avec la nature.

Aujourd’hui, je suis une grande amoureuse de la nature. J’ai fait pas mal de randonnées depuis mais je n’ai que 2 treks à mon actif.

De passage au Brésil, je voulais absolument découvrir la Chapada Diamantina, l’une des plus belles régions du Brésil qui fût auparavant riche en diamants. Ce parc national situé dans l’état de Bahia est grand comme deux fois la Suisse, autant vous dire qu’il y en a des choses à voir. D’ailleurs, Pieter, le guide, dit qu’il faut toute une vie pour découvrir ce joyau vert…

J’avais seulement prévu de faire un trek de 3 jours puis repartir mais au final j’ai eu un gros coup de cœur et j’y suis restée 6 jours. 6 journées remplies de randonnées et je peux vous dire que j’ai adoré !

Lençois, la bourgade « point de départ »

Au petit matin, j’ai pris un bus de Salvador avec la compagnie Real Expresso. Rien à dire, bus hyper confortable, propre. Il faut 6 heures pour rejoindre Lençois.

Une fois arrivée, j’ai immédiatement senti une attirance et c’est à ce moment là que j’ai décidé de rester plus longtemps que prévu. 

Thomas, l’ami d’Anna mon hôte, vient me chercher et m’accompagne à la maison. Il m’offre du pain fait maison et me livre quelques conseils sur les endroits à visiter. Il y en a tellement !!! Faire un choix s’annonce difficile et un facteur est à prendre en compte : le budget. 

C’est le milieu de l’après-midi et j’en profite pour partir  visiter un peu la ville. On dirait une ville fantôme, il n’y a quasiment personne dans les rues, les fenêtres et volets sont fermés. Seuls quelques restaurants et boutiques sont ouverts.

Un peu plus en amont, des gens font la lessive et un peu plus loin, des enfants s’amusent à faire quelques ploufs. Il faut dire qu’avec cette chaleur, une petite temprette ne serait pas de refus 

Le soir, c’est une autre ambiance. Elle se réveille, grouille de monde. L’artère principale est recouverte de tables sur les rues pavées, prêtes à accueillir les passants pour le dîner. L’atmosphère y est festive.

En début de soirée, je rencontre Pieter, le guide de l’agence avec laquelle je vais partir en trek pendant 3 jours. Il me donne les dernières recommendations. Il faut dire que j’ai été très exigente en demandant un guide attentif et patient car je n’ai nullement envie d’avoir la sensation d’avoir payé pour rien ce qui est malheureusement trop souvent le cas. Du coup, dorénavant, j’évite au maximum les visites guidées. Le rêve serait qu’il y ait davantage de guides sourds…

Vale Do Pati

En plus du guide Eric, nous sommes 5 européens et nous sommes tous excités et prêts à partir à l’aventure. À bord du 4×4 qui nous emmène au point de départ, Eric nous montre du doigt les différents paysages qui défilent sous nos yeux. Ça promet…

Nous passons à Guiné, un petit village où nous faisons une brève halte pour récupérer un homme. Puis arrivés quelques kilomètres plus loin, nous nous préparons et repartissons les vivres. L’homme qui nous a rejoins s’en va avec la voiture, je comprends que le point d’arrivée ne sera pas le même.

guine vale do pati

1er jour : La première 1/2 heure n’est que montée sur 500 mètres puis nous arrivons sur un plateau qui s’étends à perte de vue. Tout est plus ou moins vert avec quelques arbustes. Anne et moi, on est derrière à la traîne en prenant continuellement des photos tandis que le reste du groupe avance. Au loin, on aperçoit un énorme rocher, placé là, au milieu de nulle part. Eric nous dit qu’on nous irons là-bas demain. Hein…? Quoi ? Comment…? La seule question qui me traverse l’esprit c’est comment peut-on aller là-bas car je n’y vois aucune alternative…

Nous arrivons au point de vue sur le Vale Do Pati pour le déjeuner. La vue est magnifique. Vraiment. Je suis éblouie par tant de beauté. Le point de vue marque une chute brutale du plateau que l’ont doit descendre avec prudence. Pensant que l’on allait emprunter le chemin le plus facile (plus long certes mais plus facile et réservé aux ânes transportant les marchandises).


Quelle descente ! Puis encore une sacrée montée ! On est vite récompensés par une vue panoramique sur 360°. La dernière descente nous mène au refuge où nous allons dormir 2 nuits. Avant, nous faisons une petite halte à une cascade.

Au refuge, nous ne sommes pas seuls, plus groupes viennent également passer la nuit sur le site. La Vale do Pati est un coin très reculé où vivent une quarantaine de personnes et n’est accessible qu’à pied. Il faut plusieurs heures pour rejoindre le village le plus proche.

Les températures chutent rapidement et il faut froid. On nous sert un copieux dîner fait maison et surtout avec amour. Un vrai délice. Avant de partir se coucher, nous faisons une partie de Yaniv (jeu de cartes israélien). Pipa attire notre curiosité. Elle est groelandaise et habite au Danemark pour ses études de médecine. Elle nous parle de son pays auquel elle est tant attachée et j’en apprends des choses comme le fait que le Groenland fût une colonie danoise.

 2ème jour : Je n’ai pas oublié les paroles d’Éric : « on va monter là-haut… » mais qu’importe, je suis prête ! Une journée ensoleillée de plus s’annonce. Pendant 1h30, nous faisons une montée mémorable à travers la forêt. Dois-je appeler ça « montée »? Je dirais plutôt une partie d’escalade. Il nous avait mis en garde et il avait raison… Puis, il faut passer par une grotte. Je perds vite le sourire. Heureusement avec la bienveillance d’Éric, tout se passe bien et puis, au final ce fut très rapide.

Nous unissons nos dernieres forces pour atteindre le sommet tout en restant vigilant, une chute pourrait être fatale.

Nous voici à El Castillo, seuls au monde. Pendant que nous profitons de ces instants de repos, Eric part préparer le déjeuner, dans un endroit où l’on s’y attendait vraiment pas : au bord d’une falaise ombragée par les rochers avec le vide devant nous. 

Je suis formelle, c’est le plus beau trek que j’ai fait jusqu’à présent. Les émotions sont vives. Randonner effectue un travail à l’intérieur de soi. On ne bavarde pas pendant la marche, toutes les pensées toxiques, choses accumulées sortent petit à petit. Plus efficace qu’une séance de psy ? Sûrement…

3ème jour : dernier jour et le plus long puisque 21 km nous attendent au tournant. Nous quittons Vale Do Pati et regagnons le plateau pour faire un détour sur la Vale De Cachoeira. À mesure que l’on s’approche, le groupe entends la cascade au loin. En tout cas, il ne faut surtout pas avoir le vertige !

Nous pressons le pas et ça en a agace plus d’un… Nous croisons un binôme voyant-aveugle accompagné d’un guide. Souvenez-vous, je vous disais que le premier jour il a fallu effectuer une longue montée… Eh bien, on finit le trek en beauté avec une descente abrupte, tellement abrupte que je dois éviter de regarder dans le vide car prise de vertige. Malgré l’extrême prudence, je n’ai pas été épargnée par une mauvaise chute. Nous arrivons en mode warriors et heureux d’avoir vécu cette expérience ensemble.

Aux alentours de Lençois

Les 3 autres membres du groupes étant partis, Pipa et moi, nous nous retrouvons le lendemain pour une courte randonnée jusqu’à la cascade Cachoeira Ribeirão Do Meio. Il est aisé d’y aller seul. Situé à 1h30 de marche depuis Lençois, la cascade accueille bon nombre de touristes tout comme des locaux. Sa spécialité : un toboggan naturel qui fait de nombreux adeptes de glisse.

Vale Do Capão 

Une journée de randonnée de plus, cette fois-ci dans la Vale Do Capão, accompagnée d’un guide et 4 autres personnes. Les paysages sont un peu similaires de Vale Do Pati, et surtout le chemin plus facile.

L’immense cascade Cachoeira Da Fumaça se dresse sur 340 mètres de hauteur et l’eau se jette dans le vide. Le débit n’est pas important car il n’a pas plu ces derniers temps. Le plateau menant jusqu’à la cascade regorge d’arbustes et fleurs.

Au final, je suis restée 6 jours à Lençois et clairement c’était trop peu. L’idéal serait 15 jours mais une semaine m’a permis d’avoir un bon aperçu de cette superbe région.

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Commentaire

  1. Voilà pourquoi est-ce que je redoute les trek : le vide … je n’en ai fait qu’un seul, mais j’ai adoré. Et je l’avais fait avec des amis qui me connaissait à l’époque et qui étaient très patients donc ça a aider ! Très bel article, ça donne envie de découvrir cet endroit et surtout de faire ce trek !

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