Après avoir entrepris une descente à travers la Colombie, je suis dorénavant prête à rejoindre la côte caraïbes. Après Pasto, je m’arrête à Mocoa, ville située dans le Putumayo et non loin de l’Amazonie.

Rejoindre Mocoa par la Ruta de la muerte

Nous sommes dans le sud, au coeur de la Cordillère des Andes. Rejoindre Mocoa est un sacré périple ! Il faut emprunter la ruta de la muerte (« Route de la mort »), route qui traverse le noeud de la Cordillère des Andes. Une route toutefois mémorable, tant que belle et chaotique : pas de barrière pour la majeure partie de la route, route rocailleuse très étroite et dans le brouillard.

Là vous avez tout un concentré d’éléments qui font que le trajet risque d’être riche en sensations fortes. Heureusement que la vue est magnifique mais elle dévoile également la dangerosité et fragilité du lieu : les glissements terrains sont nombreux et des croix sont là pour rappeler le nombre de vies perdues.

J’ai comme un mauvais pressentiment. Lequel ? Je ne sais pas…

La route de la mort, un route qui porte bien son nom
Des zig zag à n’en plus finir…
Vu l’étroitesse de la route, les accidents sont inévitables

Rencontre avec des sourds

Le monde des sourds est petit. Grâce à Johanna rencontrée à Pasto, j’ai fait la connaissance de Delcy, Carlos et leurs amis qui m’ont fait une petite visite guidée de la ville.

J’ai également assisté un après-midi à un meeting concernant les personnes en situation de handicap. Ils ont eu droit à un don de nourriture, vêtements. Le maire était également présent. Delcy et Carlos ont attiré son attention en lui demandant de ne pas oublier les Sourds. Leur geste à porté ses fruits puisqu’ils ont tous été convoqués le lendemain matin. Le but : évoquer les problèmes concernant la communauté sourde.

Meeting à Mocoa

Randonnée à travers les cascades Del Fin del Mundo

Les environs de Mocoa sont propices aux randonnées et comptent un bon nombre de cascades. Il était toutefois prévu qu’on aille en groupe à El Fin Del Mundo mais tous ont étés retenus (à la réunion dont je vous parlais un peu plus haut). C’est ainsi que j’y suis allée seule.

Y aller par ses propres moyens est un poil compliqué. Je ne savais pas d’où partir pour me rendre à l’entrée de la cascade alors j’ai pris un taxi (qui a tenté de m’escroquer, en vain). Il m’a déposé à l’hotel Posada Dantayaco, puis j’ai demandé mon chemin pour rejoindre l’entrée gérée par l’hostal Fin Del Mundo.

Le chemin est bien dégagé et aménagé. Il faut monter pendant 1 heure et demie avant d’entamer la descente qui mène au premier bassin Pozo Danta et à la première cascade. Je croise les premières âmes.

« Ici il n’y a pas de wi-fi mais je t’assure que tu trouveras une meilleure connexion »

L’endroit est très paisible. J’ai oublié mon anti-moustique et je crains de me faire dévorer mais à ma grande surprise, aucune piqûre !

Je continue la descente et passe par 3 autres cascades. En arrivant à la dernière, Fin Del Mundo je comprends mieux pourquoi elle porte son nom. On marche, on marche, le temps paraît un peu trop long… Puis on se demande quand est-ce qu’on arrive jusqu’à qu’on se retrouve en haut d’une cascade de 70 mètres de hauteur avec une vue à l’infini sur la forêt et Mocoa. De quoi avoir le vertige !

Pozo Danta
Pozo Negro

J’avance timidement en rampant au bord du vide et aperçois des badauds. Je comprends alors qu’il est possible de descendre au pied de la cascade. Après m’être posée pour contempler le paysage, je décide de continuer le chemin. Rien à voir avec le sentier d’avant, c’est un peu sportif. Je croise un groupe qui a fait demi tour. « C’est vachement raide » me dit-on. Bon, que faire…? Je regarde l’heure, il est bientôt 16h et ça ne vaut pas le coup de descendre puisqu’il faut obligatoirement quitter les lieux dès 16h30. je retourne donc sur mes pas et en profite du temps restant pour contempler le lieu et méditer.

Pozo Almorzadero
Pozo Almorzadero
El Fin Del Mundo
Au pied de la cascade El Fin Del Mundo
Ojo de Dios

Quand les pressentiments prennent une autre tournure et deviennent réels

J’ai prolongé mon séjour de quelques jours histoire de me reposer un peu car commençant à être très fatiguée à cause du changement constant d’altitude. Également parce que j’aime beaucoup l’atmosphère de cette ville mais aussi je suis ravie de retrouver un peu de chaleur après le froid de Popayan et Pasto.

Je quitte la ville et moins d’une semaine plus tard, je suis à Bogota, la capitale. J’apprends une terrible nouvelle via Facebook : un glissement de terrain à eu lieu à Mocoa. En voyant les images et vidéos sur les sites d’infos, je suis sous le choc. Je pense tout de suite à celles et ceux que j’ai rencontré là-bas. Bien sûr, je n’ai pas de nouvelles, le réseau téléphonique ayant été coupé. Quelques jours plus tard, je réussi à avoir des nouvelles positives : tout le monde va bien, malgré des dégâts considérables et des pertes humaines importantes.

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Commentaire

  1. Magnifique, comme d’habitude … il est très difficile de se fier aux pressentiments. Si seulement ils étaient une science exacte … Par contre je ne suis pas sûre que j’aurais prise la route de la mort (rires)

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