De passage sur l’île de Providencia, je suis tentée par une activité que je n’ai jamais faite : faire mon baptême de plongée. Problème ? Je suis phobique des fonds marins.

Les fonds marins, une phobie surmontable ?

J’ai peur des fonds marins. Quand je regarde des reportages ou des photos de plongée, en plus de trouver cela magnifique, je retiens parfois mon souffle, ferme fort les yeux et pense « Oh put***… ». Enfin, vous voyez le délire ? Déjà que parfois, je flippe quand je fais du snorkeling. Mais de quoi ai-je peur au juste ? Des profondeurs sombres de la mer, peu importe la profondeur, du moment que c’est sombre je ne suis pas à l’aise…

Malgré tout, l’eau est mon élément. Je peux y rester des heures et des heures. Cette sensation de légèreté, liberté me procure un sentiment de jovialité immense.

Je sais que les fonds marins regorgent de belles surprises sans oublier les poissons. Jusqu’à maintenant, l’idée de plonger ne m’a jamais traversé l’esprit jusqu’à ce que je rencontre Andrea à Santa Marta. Elle y reste plusieurs jours pour passer son Open Padi Advanced. Après avoir vu des photos sur instagram, je me suis dit pourquoi pas tenter cette expérience mais ce n’était juste qu’une petite pensée.

Puis me voilà sur l’île de Providencia avec Karina. Dans sa liste de souhaits de choses à faire sur l’île : faire de la plongée. Cette fois-ci, ça me titille vraiment, de plus, je suis en compagnie de quelqu’un en qui j’ai confiance. Je lui dis que j’ai très envie d’essayer mais j’ai très peur. Son enthousiasme et ses encouragements me poussent à aller jusqu’au bout de mon envie : surpasser ma peur et me surpasser tout court.

Apprentissage et premiers pas dans l’eau

Andrès, le fils des propriétaires à qui nous louons le studio est instructeur de plongée. On lui expose le topo mais dans ma tête je me pose 1000 questions à propos de la sécurité etc… Je fais confiance à Karina qui me dit qu’elle a confiance en lui. Tout va bien alors. C’est décidé, je ferais mon baptême de plongée le lendemain. Karina me donne quelques conseils, je stresse déjà…

8h30, nous voici à l’école. Tout se passe bien. Karina part faire sa première plongée (elle a son Open Padi) tandis que moi je reste. On se quitte et elle me lance un regard « T’inquiètes, tout va bien se passer ! » La vidéo de la partie théorie ne me rassure pas du tout ! Du fait qu’il y ait tellement d’informations, j’ai peur de ne rien retenir. En fait, la seule phrase que je retiens c’est : « SURTOUT NE JAMAIS ARRÊTER DE RESPIRER ». Bon, ben là c’est fichu, je stresse à mort…

Ensuite, place à la pratique à la plage avec Andrès. Il faut dans un premier temps apprivoiser le matériel. Techniquement ça ne m’a pas l’air compliqué mais en pratique, je n’arrive pas à rester plus de 15 secondes sous l’eau. « C’est psychologique » me dit-il. « Là-bas on va rester une quinzaine de minutes ». Il essaie de me rassurer mais je ne le sens pas surtout après plusieurs essais non concluants.

Et maintenant… plongez !

En attendant le retour du groupe avec qui je vais plonger, je me prépare mentalement. J’imagine tout genre de scénarios, même les pires.

Après moins d’une dizaine de minutes de navigation, nous voilà arrivés au spot. J’ai perdu mon sourire. Je jette un coup d’oeil à la mer : « Oh put*** ! Je peux pas ! » en voyant le fond plutôt sombre à mon goût. Karina et Dana m’encouragent.

« 1…2…3… »
« Attends !!!! »

Je respire et me jette à l’eau. Ma tête se retrouve progressivement sous l’eau, les mains sur la corde, Andrès me rappelle les instructions : descendre petit à petit, déboucher les oreilles et surtout no stress ! On y va. Je regarde en bas… puis en haut… C’est la panique ! Je m’agrippe à la corde, fais un non de la tête. Je veux remonter !! « Calme toi » me dit-il. Je tente de me calmer, ça prends un peu de temps mais ça marche plutôt bien.

Pendant les 10, 15 premières minutes, j’ai tout un flot de pensées négatives : Que faire en cas de crise de panique ?  Et si je n’arrive plus à respirer ? Trop de questions. D’un autre côté, ma petite voix intérieure me dit « Put*** Steph ! Regarde, concentre toi et profite ! ». Je me fais violence puis petit à petit je prends conscience de ce que je vois : de magnifiques coraux, des bancs de poissons, et même des requins !

Le lâcher prise indispensable en plongée

Karina avait raison : en plongée, il faut virer toutes les pensées négatives et se concentrer sur le moment présent. Ceci est une belle leçon de vie. Non seulement, j’ai surmonté ma peur, mais aussi je sais que je suis capable d’en surmonter bien d’autres qui me freinent car quand même, la phobie des fonds marins est l’une de les plus grandes peurs !

Par ailleurs, être concentré sur ce que l’on voit était quand même un sacré défi, moi qui ai des problèmes de concentration. Je me sens libre dans l’eau, comme un poisson, ressentant les vibrations d’Andrès. Je regarde plutôt en bas pour éviter de paniquer au cas où en voyant le vide autour de moi.

Alors que je suis complètement dans ma bulle, je me retrouve soudainement à la surface. Je n’ai rien senti, rien vu ! « Déjà ?! » me dis-je. C’était GÉ-NIAL ! Finalement, nous sommes restés 45 minutes sous l’eau.

Les 2 hommes restés sur le bateau dansent tandis que moi je suis sur un petit nuage, ayant le sourire jusqu’aux oreilles. Je n’en reviens pas d’avoir plongé…

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Commentaire

  1. BRAVO ! C’est super d’avoir surmonté ta peur ! En plus tu as pu voir de belles choses ! Je pense que je vais prendre quelques cours de perfectionnement en natation l’année prochaine pour ensuite être totalement à l’aise pour ma séance de plongée pour 2018 si tout se passe bien !

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