De Río Dulce à Livingston

Arrivée en fin d’après-midi à Río Dulce après une longue route depuis Copán, 2 changements de bus, je n’ai pas d’autre choix que de passer la nuit dans la ville avant de rejoindre Livingston le lendemain matin. Pour la première fois, je ne me suis déplacée qu’en transports locaux et tout c’est très bien passé, sans complications. J’ai d’abord pris un premier bus me déposant à Chiquimula, où il m’a juste suffit de traverser la route et de monter dans le second. Ce dernier allant à Puertos Barrios, arrivée à l’embranchement, j’ai sauté dans un autre bus pour me rendre à Rio Dulce. J’ai été surprise de l’efficacité (et j’insiste) des « hommes aux tickets » (je vais les appeler comme ça, y’aurait-il un nom pour qualifier leurs services ?) qui se sont montrés très attentionnés et prévenants.

Ce soir, les orages se montrent de plus en plus présents et surtout violents. Je passe la nuit dans un hôtel accessible qu’en bateau à une dizaine de minute du port. La chambre commune contenant 4 lits dotés de moustiquaires ainsi que 4 gros casiers pour les bagages, ne possède pas de mur. Juste un toit en paille. Allongée, j’ai une jolie vu le lac et ses bateaux éclairé par la lune. En plein milieu de la nuit, je suis réveillée par un vent tenace qui balance le moustiquaire dans tous les sens. Au moins, cette nuit, je n’aurais pas chaud.

Il n’y a que deux lanchas par jour pour Rio Dulce et j’ai raté celle du matin. En début d’après-midi, Une lancha vient me récupérer. Non seulement, nous allons à Livingston, mais en plus, nous avons droit à une « promenade » avec quelques stops pour découvrir mais aussi mieux apprécier les lieux : le fort San Felipe, mangroves, source d’eaux chaudes. Au plein de coeur de la jungle, on ne croise que très peu de gens, le temps tourne au ralenti. Il y a même quelques hôtels isolés, « un vrai havre de paix, parfait pour la tranquillité » me dis-je. Le trajet dure 2 heures et est bien plus qu’agréable ma foi ! Livingston me voilà !

PHOTO_20150829_143311 PHOTO_20150829_154649-01 PHOTO_20150831_100342

Souvenirs des Antilles

Ici à Livingston, il y a un « quelque chose » qui me fait sentir comme aux Antilles, pas seulement à cause de la communauté Garifuna, mais une certaine ambiance… Les habitations en bois, certaines me rappellent les cases traditionnelles. Quand j’étais petite, je ne me lassais pas de regarder ces vieilles maisons. Certaines, laissées à l’abandon, se laissent envahir par la nature laissant une trace de son passé. J’aime beaucoup tout ce qui touche à l’architecture, que ce soit par le style de construction, les couleurs, les habitations me font rêver. Les imaginer à une autre époque et deviner l’intérieur. Rien que de penser aux fameuses cases, l’odeur du bois me revient, l’intérieur sombre mais ventilé faisant virevolter les rideaux transparents blancs, les vieux portraits de familles accrochés aux murs suffisent à me laisser des souvenirs intacts avec une touche de nostalgie.

PHOTO_20150830_132334-01 PHOTO_20150830_151312-01PHOTO_20150830_124110 PHOTO_20150830_122457 _DSC5178

À la rencontre de la communauté Garifuna

On m’a dit qu’il y a une belle plage, des cascades mais je n’avais aucunement envie de voir quelque chose. Je voulais seulement être en contact avec la communauté garifuna pour découvrir sa culture. Après m’être renseignée autour de moi, on me conseille d’aller au Rasta Mesa. J’ai un peu du mal à trouver mais sur la route, je croise Stuart, en scooter, le propriétaire de l’hôtel. En fait, je m’étais trompée de chemin. Après avoir livrée sa pizza (elles sont délicieuses !), il finit par me rattraper et m’amène.

Mega-Gee m’accueille chaleureusement. Le Rasta Mesa qui est aussi sa maison est un centre culturel garifuna. Ils donnent également des cours de cuisine : poisson avec du lait de coco au programme, des soins bien-être et coiffures.

Le peuple Garifuna (signifie mangeur de manioc) est descendant d’anciens esclaves issus de l’Afrique de l’ouest, des Arawaks (Amérindiens des Antilles originaires de l’Amérique du sud), et des Caraïbes, plus précisément de St Vincent. Ils ont été amenés de l’île de Roatan (Honduras) il y a 198 ans. Mega-Gee se dit être afro-gualtemateque.

Durant la colonisation des petites Antilles, les Arawaks habitaient l’île de St Vincent, où ils réussirent pendant longtemps à résister face à la colonisation. Les Garifunas sont arrivés sur l’île. Ils ont réussis à s’échapper des navires négriers faisant naufrage autour de l’île. Ces bateaux étaient en provenance de l’Afrique de l’ouest. Avec le temps, ils se sont mélangés aux Arawaks et ont adopté leurs styles de vie. Un conflit naît entre les Arawaks et Garifunas. Malheureusement, les Arawaks ont fini par disparaitre à cause des guerres et maladies importées par les colons français.

Les anglais, à maintes reprises ont tentés de s’emparer de l’île St Vincent, jusqu’au jour où le traité de Versailles leur accorde la possession de l’île. L’enfer commence alors pour les Garifunas qui seront exterminés pour certains, déportés sur l’île de Roatan pour d’autres. Au final, excellents marins qu’ils étaient, ils finissent par se disperser sur les côtes du Belize, Honduras, Nicaragua et Guatemala. Aujourd’hui; on compte environs 16 000 garifunas à Livingston.

Durant la période de la colonisation, les Garifunas utilisaient quelques mots français comme leur système de comptage : 1 = ana  2=biama, 3=uruwa, 4=gad, 5=sengu, 6=sis (la lettre U ne se prononce pas). La langue garifuna est à 80% caribe. Bonjour se dit Bity Rambueyou. Entre eux, ils parlent aussi bien espagnol que garifuna et même anglais.

Je suis tellement curieuse que je souhaite en savoir beaucoup plus ! J’adore l’histoire, alors il m’a recommandé deux livres : Central America, a natural and cultural history et Black Caribs-Garifunas – Saint Vincent exiled people – the origins of GarifunasPHOTO_20150830_143901-01

PHOTO_20150830_145926-01 copie
Ubafu signifie « pouvoir »

PHOTO_20150830_143108 copie

 

PHOTO_20150830_144839-01 copie
Maison traditionnelle garifuna

 

 

Auteur

Écrire un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.