Quand est-ce que je rentre ?

Il arrive à un moment donné où on se dit « Ça y est, on rentre », non pas parce qu’on le doit, mais tout simplement parce que l’on se sent prêt ou l’on a envie.

Même pas un mois avant je sois rentrée, malgré un début de préparation psychologique, je n’étais en aucun cas prête à revenir, pire je ne voulais pas rentrer. Il m’arrivait souvent de me dire que la prochaine destination serait la dernière mais au final ce n’était pas du tout le cas.

Si vous avez suivi mes derniers articles, je pense qu’il est inutile de dire pourquoi. J’en ressentais le besoin, parce qu’au final il vaut mieux être entouré pour surmonter certaines choses.

Une fois les pieds posés sur le sol français, j’étais envahie d’une sensation de « bien-être », excitée à l’idée de revoir les proches, les amis (d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une surprise). Les retrouvailles furent intenses, mais passé ce cap au bout d’une, deux semaines, l’euphorie fait place à la réflexion. Réfléchir à ce que le voyage a apporté, les changements constatés (en soi ou autres), le regard qui change par rapport à certaines choses, la prise de recul… On dit que les voyages forment la jeunesse, je suis absolument d’accord, et pour ma part c’est une mission accomplie, car j’attendais beaucoup de celui-ci. Le retour n’a pas été difficile, avec des projets en tête, on reste plus actif à vouloir les concrétiser, pas trop le temps de ruminer.

Ce voyage n’a pas changé ma vie mais m’a transformée. Et provoqué en moi le désir et la motivation de changer certaines choses. Après tout, nous sommes maîtres de notre propre vie non ?

Les voyages, la belle vie ?

Un jour, on m’a dit « Au vu de tes photos, ça doit être la belle vie. » 

Alors, OUI on voit des endroits magnifiques, vit des choses intenses, fait une multitudes de rencontres, mais… J’ai tout simplement envie de dire NON, car ce n’est pas du tout le cas, et c’est loin d’être rose. Derrière les photos, il y a aussi un vécu.

Apprendre à supporter la distance, plus le temps passe, plus cela devient difficile. Encore plus difficile lorsque l’on a de sérieux problèmes de santé et ce ne sont pas des messages SMS ou mails qui vont réconforter, donner du courage. Cela ne remplace pas la présence. Cela peut arriver à n’importe qui, même si vous êtes en très bonne santé chez vous. Il suffit d’être loin pour que le pire arrive.

J’ai du faire face également à la barrière du langage, de un, en anglais parce que bon, on m’a sorti des mots tout droit venus du langage médical que je ne connaissais pas du tout. Le gros coup de flippe ! Et de deux, parce que je suis sourde alors certains médecins ont jugés bon de faire un faux diagnostic parce qu’ils ne voulaient pas prendre le temps de « discuter ». Ecrire sur un papier, c’est chiant je sais…

Supporter la discrimination. Dans certains pays, les handicapés sont considérés comme des personnes « faibles »; apprendre à se faire respecter en tant que femme face à la misogynie des hommes.

Faire constamment attention à sa sécurité (sans pour autant être parano), parce que tout peut arriver quand on voyage seule, chez soi ou ailleurs. Cela peut demander beaucoup d’effort et être fatiguant.

Faire face aux difficultés liés à ma surdité comme dans les transports en commun qui n’étaient pas une partie de plaisir, car la plupart du temps j’étais là à chercher le moindre indice, détail qui serait susceptible de m’aider à savoir où est-ce que je dois descendre. Au alors demander aux voisins. Et redemander. Encore et encore…

Adepte de « bonne » nourriture et grande sportive, je n’ai pas supporté le fait de « mal » manger en Australie (en particulier pendant les road trip) et de ne plus pouvoir réaliser mes séances quotidiennes – ou plutôt devrais-je dire que mes activités ont été considérablement réduites pour ne pas dire inexistantes. Un besoin qui m’est indispensable pour mon équilibre et bien-être.

A force de changer d’endroits, de pays, on construit des capacités d’adaptation, le changement ne fait plus peur. Mais changer d’endroit et faire/refaire son sac tous les deux/trois jours (grand minimum), cela devient vite fatiguant. On aimerait tellement pouvoir déballer ses affaires et les étaler partout.

Outre tous ces petits (ou gros) désagréments, il est important de garder le positif. C’est sur tout ça, ça renforce, on rentre chez soi avec un bagage en plus. Que ce soit en positif ou négatif, tout n’arrive pas qu’aux autres…

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